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Analyse du refus de manifestation pour le 15 novembre à Cuba

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Le 12 octobre 2021, Alexis Acosta Silva, intendant du Conseil de l’Administration de la Habana Vieja, informait Yunior Garcia Aguilera que sa demande d’autorisation de manifestation était refusée. Il en a été de même pour tous ceux qui dans d’autres municipalités ont déposé des notifications de manifestation et qui ont reçu les mêmes lettres de refus mot pour mot. Si le refus n’est pas vraiment une surprise, l’argumentation est fort surprenante.


Pour mémoire, la manifestation prévue le 20 novembre était « contre les violences », pour le respect de « tous les droits de tous les Cubains », pour la « libération des prisonniers politiques », pour la « résolution des différends avec des moyens démocratiques et pacifiques », et les organisateurs précisaient qu’elle devait se dérouler « sans violence » et dans le respect du droit de la presse, toutes les presses, d’informer le public.


Les organisateurs invoquaient l’article 56 de la Constitution cubaine, qui garantit l’exercice du droit de manifestation.


En ce qui concerne la légalité, les autorités écartent le droit de manifester prévu par l’article 56 de la Constitution en s’appuyant sur l’article 45 du même texte, qui dispose que « l’exercice des droits des personnes est seulement limité par les droits d’autrui, la sécurité collective, le bien-être général, le respect de l’ordre public, de la Constitution et des lois ». Sauf qu’en réalité, les objectifs de la manifestation sont parfaitement compatibles avec l’ensemble de ces intérêts supérieurs. Mais les autorités expliquent que cette manifestation risque d’être en réalité détournée de ses objectifs avoués, afin de promouvoir un changement de système politique à Cuba téléguidé par des puissances étrangères. À l’appui de sa thèse complotiste, il indique que certains organisateurs de la manifestation auraient « des liens avec des organisations subversives ou des agences financées par le gouvernement des Etats-Unis ». D’une part, il procède par affirmations et ne rapporte aucunement la preuve de ce qu’il avance. D’autre part, l’organisateur auquel l’Intendant de la Havane répond n’a pas du tout le profil annoncé, Yunior Garcia Aguilera est simplement metteur en scène. Par ailleurs, le fait que dans chaque municipalité ils aient notifié le refus à une seule personne est une preuve du mépris qu’ils ont pour le reste des signataires qui voulaient se manifester.


Les autorités tirent enfin argument de ce que « dès son annonce, la marche a reçu l’appui public de législateurs des Etats-Unis, opérateurs politiques et médias qui encouragent des actions contre le peuple cubain, essayent de déstabiliser le pays et appellent à une intervention militaire ». Or ces personnes ne sont pas les organisateurs de la manifestation. De ce fait, il ne saurait être fait grief aux organisateurs de quelconques opinions en soutien qu’ils n’ont même pas sollicitées.


Enfin, les autorités fondent leur refus sur le fait que la manifestation serait en réalité contraire à la Constitution, et notamment à son article 4. L’article 4 de la Constitution cubaine dispose que « le système socialiste que ratifie cette Constitution est irrévocable ». Ainsi, et c’est là le comble, les autorités semblent estimer que le « système socialiste » serait incompatible avec les valeurs portées par les organisateurs, c'est-à-dire avec le respect des droits des Cubains, l’expression démocratique et pacifique des opinions et le respect du droit de la presse. Par ailleurs, il estime que le « changement de régime » implique nécessairement que soit abandonné le socialisme. En d’autres termes, il estime qu’il n’y a qu’une voie vers le socialisme et que c’est celle du régime actuel. Il est malvenu de dissimuler derrière le socialisme un régime qui n’est ni plus ni moins qu’une dictature qui, comme toutes ses semblables, est fondée sur l’asservissement du peuple qui la subit.


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